mardi 8 septembre 2009

The Little Big Exodus, part 1 : Origins Of The Driving Dummies


"L'Amérique. Je veux l'avoir et je l'aurais" a dit un jour un grand homme.

C'est avec un espoir fou, et ces mots raisonnant dans ma tête sans cesse pendant les mois où je préparait mon départ à Montréal que je complotais secrètement sur la réalisation d'un road-trip aux États-Unis.
Le but était évidemment de mettre à profit ma présence au Nouveau Monde pour voir du pays, s'imprégner du voyage, et évidemment de tester la résistance à l'alcool des américain(e)s dans un de leur "Spring Break" en Floride.

Vous connaissez le principe des Spring Break des étudiants américains ? Non ? Ces jeunes délurés irresponsables profitent de leur semaine de vacances de printemps (habituellement en mars/avril) pour se rendre dans des lieux où il fait chaud afin de festoyer dans une ambiance éthylique, torride et bon enfant.

Les lieux les plus en vue dans cette anti-jetset amatrice de bière bon marché sont Cancùn ou Acapulco (Mexique), ou bien encore Panama City Beach ou Miami Beach (Floride, USA). Stations balnéaires paisibles mais devenant endroits de débauche pendant quelques semaines où des millions d'étudiants enragés venus des quatre coins du continent débarquent avec la voiture des parents pour faire la fête et vomir sur les trottoirs. Deux objectifs :

  1. Se dézinguer la tête et s'éclater. Avec de l'alcool, beaucoup d'alcool. A toute heure du jour et de la nuit. Tequila, Whisky, Vodka, Gin, Bière dégeulasse, Mezcal, Cointreau, Suze (!), Pastis 51...on mélange tout et on le descend ! Sur la plage, dans les chambres d'hôtels surpeuplés ou les boîtes de nuit. Boire, Vomir, Manger, Recommencer. Ça c'est pour les gens raisonnables : les plus cons essaieront d'autres substances moins recommandables (amphétamines, ecstasy, choux de Bruxelles...).
  2. Si encore possible, dézinguer une donzelle. Eh oui, la semaine est courte, et pour la réussir pleinement, autant rentabiliser le capital et se taper le bout de gras. Vous mixez des milliers d'étudiants des deux sexes complètement défoncés se baladant en maillot, une plage ensoleillée, des corps bodybuildés (culte du corps extrêmement présent), des hormones en ébullition et c'est la panique sous les braguettes. Bien sûr, la plupart des gars et des filles rentreront chez eux bredouilles (ou "brocouilles" comme on dit dans le Bouchonnois), mais certain(e)s auront certainement fait leurs affaires dans cette débauche.
C'était la partie trash, mais j'entends d'ici vos pensées, alors coupons-y court : oui, en grand salasse que je suis, je voulais aller voir de quoi il retournait. Je voulais savoir s'il existait un esprit, un but, une finalité dans ce rassemblement spontané. Bien sûr, je ne pensais pas me rendre dans un meeting de jeunes de l'UMP pour enfiler des perles en sirotant un Orangina tout en prenant des notes sur un calepin et en reluquant des chaudasses américaines toutes voiles dehors sur la plage.

Alors exit l'Orangina, les perles et le calepin ! "Bourrons-nous la yeule dans la tradition la plus pure, et que l'étude se fasse par l'expérience !".

C'est un peu comme cela que j'ai présenté mon projet de voyage en voiture Montréal-Miami à
mon futur colocataire Cyril (et bien plus tard à deux autres Français rencontrés au Québec) : de la confiture à des cochons, si vous me permettez la palabre.

C'est ainsi qu'encore au fin fond de notre grisonnant Rouen quotidien, Cyril et moi avions déjà la tête dans nos plages peuplées de demoiselles aux seins nus nous servant des pastis parfaitement dosés et de joueurs de football américain obèses vomissant leur bile, un gobelet en plastique rouge à la main.

Quelques mois plus tard, alors en plein train-train Montréalais et dans un hiver déjà bien insistant, Cyril et moi faisons part de nos plans à deux amis rencontrés là-bas. Afin de préserver leur anonymat et leur dignité, nous les appellerons Cédric et Matthieu. Deux bretons originaires de Lorient qui tournent la tête et tendent l'oreille dès qu'ils entendent le mot "picole" (des bretons quoi). Vous imaginez bien qu'après leur avoir sorti mon pitch sur les filles aux seins nus (en prenant soin de remplacer "pastis" par "hydromèle", également très répandu dans les drugstores de Floride) les gaziers étaient partants.

Le projet "Spring Break à Miami" était lancé, mais c'était sans compter le peu de préparation que nous avions. Dû à diverses raisons (travaux, flegme, concubines, etc.) nous nous sommes intéressés à ce voyage qu'avec la fin du mois de Mars. Notre semaine de vacances printanière était déjà passée et il nous fallait attendre la fin de l'année scolaire, soit début Mai pour partir.
Nous avions été tellement sûrs de notre coup que nous nous étions trompés dans les dates : nous étions trop tard pour le Spring Break.

Adieu picole, rigolade, chagasses, vomi et musique à la con pour étudiants américains (Green Day). L'apocalypse édudiante avait déjà eu lieu, et sans nous.

Mais le but ultime de notre voyage était quand même de voyager, pour l'expérience, pour la déconne, en toute simplicité, en se laissant porter par les envies et les rencontres. Nous avons donc très rapidement dépassé le stade de la détresse absolue afin de nous ressaisir et de préparer convenablement ce road-trip vers Miami qui tenait plus que jamais.

Il fallait gérer les logements, la location de la voiture, le budget général. Il fallait également préparer un itinéraire approximatif nous permettant de fixer des objectifs à atteindre, seul moyen de réaliser le mieux possible les plus de 7000 Km qui nous attendaient dans un délai de douze jours.

Le logement sur la route serait assuré gracieusement et gratuitement par de sympathiques membres du site internet Couchsurfing.com. Je reviendrais plus tard sur la description de ce site extraordinaire, peuplé de personnes extraordinaires (non, il ne s'agit pas d'une secte, bien que certains membres aient des tendances rastafaris).
La voiture serait louée dans une compagnie québécoise, elle-même sous-traitant une compagnie française, laquelle nous permettait un kilométrage illimité et des tarifs corrects compte-tenu de notre jeune âge.

Les quatre compadres n'étions pas loin d'être parés au départ. D'ailleurs, tout aurait été pour le mieux dans les préparatifs si ce cher Cédric n'avait pas choisi les quelques jours précédant le départ pour déclarer sa péritonite (nous saluons au passage la patience du personnel hospitalier qui a eu la présence d'esprit d'attendre que son appendice éclate comme une baudruche en plein couloir pour avoir le cœur net que ce n'était pas une gastro).

La cicatrice au bide qui se réinfecte continuellement, de la bouffe douteuse, une chambre à partager avec un motard camé fraîchement amputé d'un pied après s'être fait tirer dessus et qui tente de sortir par la fenêtre les nuits afin d'échapper aux poulets...Le Cédric n'était pas franchement en bonne forme physique et morale. Plus les jours avançaient plus nous nous faisions à l'idée que l'aventure se ferait sans lui. Un voyage comme celui-là ne se fait pas avec les tripes à l'air. Pilule dure à avaler pour lui, mais aussi pour nous qui perdions un compagnon de route et qui devions trouver un remplaçant pour respecter les budgets et conduire la voiture.

Pour cause de dernier délai il nous fut impossible de remplacer Cédric. La voiture (une Pontiac GrandPrix) avait déjà été réservée, ce qui avait fini de nous convaincre de poursuivre notre but. Nous allions donc devoir partir à trois. Fait qui a apporté son lot de complications mais aussi d'améliorations, je vous raconterai ça.


À 9 heures en ce beau 1er Mai 2008, je rejoignais en catastrophe Cyril et Matthieu pour la récupération de la Pontiac au centre-ville montréalais (à cette époque j'étais en galère de permis de travail temporaire afin de pouvoir commencer mon stage ingénieur, et j'ai dû régler des trucs au tout dernier moment ndlr).
Et là je vais reprendre un bon vieux dicton signé Chirac : "les merdes volent toujours en escadrille". Si lui parlait des membres du PS, moi je parle des ennuis à répétition s'abattant sur notre projet alors que nous n'avions même pas encore fait un kilomètre.

Premier souci : le préposé nous sort que le permis de conduire international n'est pas valide seul, mais uniquement accompagné du permis français. Une découverte pour nous, étant donné que lorsque les administrations le délivrent ils recommandent de laisser le français à domicile car inutile à l'étranger. Cyril a par chance une photocopie de son permis français sur lui, Matthieu ne peut pas être validé comme conducteur assuré car ayant moins de 21 ans, et enfin moi sans mon permis français. Cyril est donc le seul conducteur autorisé pour la voiture, ce qui à la perspective des 7000 bornes, ne le faire rire qu'à moitié.

Second souci : contrairement à ce qui avait été convenu par téléphone, la voiture n'est pas autorisée à sortir du Canada. Ben voyons. Pour un road-trip aux States, ça risque d'être quelque peu problématique. Il faut bien comprendre ici que notre programme était de prendre la voiture et de tracer la route immédiatement, car le temps était compté. Nous avions donc tout notre barda avec nous dans l'agence de location : shorts, t-shirts, ukulele, guitare, maillots de bains, lunettes de soleil, chapeaux....tout cela dans un Montréal où il faisait 10°C et certifiant à l'employé de l'agence que nous allions juste visiter un peu le Québec.

Avec un tel connard comme loueur de voiture, avec un seul conducteur autorisé, et seulement au Canada, le risque était grand. Rapide réunion de crise dans l'agence de location. Louer la voiture comme prévu mais repousser le départ de quelques jours afin de se faire envoyer les permis depuis la France ? Négatif : nous avions déjà peu de temps pour aller jusqu'à Miami et revenir dans les dates initiales, et cela ne résolvait pas le problème de devoir rester au Canada.

Il fallait transgresser les règles si nous voulions mener notre projet à bout. Prendre tout de même la route vers le Sud en se faisant envoyer par Fedex les permis de conduire dans une de nos destinations aux USA est la solution que nous avions retenu.

En attendant, ils nous fallait nous enfoncer dans le territoire américain sans commettre une seule erreur : la voiture non-assurée aux USA, un seul conducteur en règle sur trois (Matthieu était trop jeune pour conduire de toute façon, et je n'avais pas de permis à présenter à part l'international).
Autant vous dire qu'il fallait éviter de se faire arrêter pour quelque raison que ce soit par la maréchaussée, le Sheriff ou le Speedway State Trooper du coin. Une conduite irréprochable, au rasoir, était obligatoire. Pas un seul dépassement de vitesse autorisé, et quand on sait qu'une grande partie des autoroutes américaines sont limitées à 90 Km/h, et qu'il y a 7000 Km à parcourir, la pomme d'Adam est soudain très lourde.

Mais enfin, après moult péripéties, nous avons enfin reçu les clés de la voiture. La Pontiac Grand-Prix n'étant plus disponible, on nous a refilé le modèle au-dessus : la Dodge Charger. Rien qu'en voyant le monstre, on se demandait déjà par quel artifice on allait sortir du parking ! Si cette grosse routière américaine a le gabarit d'un tank, elle a par contre la mécanique d'un veau. La triste réputation des voitures américaines "grosses, rutilantes, mécanique plus que foireuse, consommation de carburant d'un Boeing" est encore vérifiée ici.


Cyril sera le premier conducteur, puisque c'est le seul en règle (autant commencer légalement). Vingt minutes pour sortir du parking : impossible de saisir comment on déplace le manche de la transmission automatique de la Charger afin d'avancer. Devant l'agence de location de bagnole, "ça passe moyen". Nous nous en sortions si bien que nous avons été chercher le vieux Nicaraguayen qui passait l'aspirateur dans une des voitures d'à côté pour nous sortir d'affaire. Nous prenant pour des grosses buses, il nous récite bientôt tout le manuel utilisateur de la voiture ; tout y passe, des essuies-glaces à l'allume-cigare. Il nous fait un topo complet de l'engin, on se serait cru dans la version péruvienne de Turbo.

"Transmission automatique ! Le pied gauche, il sert à rien. Le pied gauche il est en vacances", qu'il nous sort en se foutant à moitié de notre gueule.

Ouais, d'ailleurs nous aussi on aimerait bien y aller, en vacances. Et nous parvînmes enfin à prendre la route du soleil. Première étape : atteindre Atlanta, Géorgie, 2400 Km au Sud, aussi vite que possible.

À suivre...

vendredi 4 septembre 2009

Hey, is your Internet working ?

Voici un petit article de ma part, afin de pallier l'absence de message durant les quelques mois qui viennent de passer (shame on me, dirait Ophélie Winter, mais je vous en dirai plus sur ce "silence-radio" dans un futur proche).

Il m'est récemment venu l'idée qu'en plus de développer sur mes aventures personnelles, il serait intéressant d'élargir parfois sur un certain nombre de points qui pourraient intéresser les Français sur leur projet d'immigration temporaire (études, permis de travail, permis vacances-travail, etc.) ou permanente (installation sur le long terme, citoyenneté, etc.), et en particulier pour des ingénieurs comme moi ou même des élèves-ingénieurs qui se posent des questions existentielles sur leur venue à Montréal.


L'article d'aujourd'hui est d'ailleurs plutôt orienté "geek", mais concerne pratiquement tout le monde vivant ici : le choix d'un fournisseur d'accès Internet à Montréal. Vous vous imaginez bien qu'avec quelqu'un comme moi l'absence d'Internet dans un nouveau logement est rapidement pesante, d'où mon idée de m'intéresser aux offres des fournisseurs d'accès plusieurs jours avant de déménager de mon précédent appartement. Grand bien m'en a pris tant la tâche est ardue !

J'ai effectivement passé plusieurs jours à potasser sur les différents providers, afin de me tailler un avis et faire un choix cohérent et pas trop couteux parmi cette jungle. Ce que vous lirez ci-après ne résulte que de mon avis ; les jugements portés se basent sur une étude des offres en Mars 2009 et ne sauraient être une vérité générale : il s'agit simplement pour moi de guider les gens et de les aider dans la compréhension du système de FAI à Montréal. Alors allons-y gaiement :


Il y a une dizaine d'années, la France avait un tel retard sur le plan du développement des technologies Internet, que la plupart de nos pays voisins se moquaient ouvertement de nos techniques préhistoriques franco-françaises (notamment le fameux Minitel) et du peu de personnes connectées à Internet. Ce retard impressionnant était pour beaucoup dû au monopole de France Télécom sur les matériels de liaison utiles dans les connexions internet par ligne téléphonique (Modems RTC, lignes RNIS-ISDN Numéris, ADSL, etc.).

Aujourd'hui, depuis l'ouverture à la concurrence, la France possède d'une manière générale un des meilleurs services internet en Europe. Le Québec, accuse un retard dans le domaine d'environ 6 ans sur la France, mais je ne vais pas tenter d'en expliquer ici les raisons qui peuvent être nombreuses.

Pour un français s'installant au Québec, la pilule peut-être difficile à passer.

D'une manière générale, il faut compter entre 50 et 60 dollars canadiens par mois pour Internet. Les offres Internet québecoises se démarquent des françaises par l'extrême complexité tarifaire qu'elles peuvent avoir. Les multiples frais cachés peuvent faire doubler votre facture (qui est toujours annoncée hors-taxes) chez certains FAI.
Je ne vais donc pas ici tenter de vous faire un tableau récapitulatif. J'ai déjà essayé, et vu le nombre de conditions et de semi-entourloupes, il devient vite illisible.

L'internet par ligne téléphone à Montréal


L'opérateur historique Canadien est l'inventeur même du téléphone : Bell. Tout comme France Télécom en son temps, Bell exploite seul le réseau entier d'installations téléphoniques du pays (donc à fortiori du Québec). Aujourd'hui encore, l'internet par ligne téléphonique doit donc forcément passer par Bell.

Première différence avec la France : il existe plus d'une cinquantaine de Fournisseurs d'Acces Internet par téléphone pour l'île de Montréal. Jusqu'à il y a peu, on était obligé de souscrire une ouverture de ligne téléphone chez Bell, puis payer deux abonnements : Internet chez le FAI et téléphone chez Bell. Un tel système a heureusement disparu en France (dégroupage ADSL), mais reste encore d'actualité aujourd'hui au Québec.

Cependant, dès 2005 ont commencées à apparaître au Québec des offres dites en "ligne sèche" (en anglais "dryloop"), qui permettent de s'affranchir de la souscription de ligne Bell, ainsi que de l'abonnement téléphonique. Cela revient un peu au principe du "dégroupage" en France. A la différence que la souscription d'un abonnement par ligne sèche chez un FAI entraîne (cela est fixé par une autorité gouvernementale) une augmentation significative de l'abonnement internet (une sorte de compensation à Bell, en quelque sorte). Même dans une ligne sèche, le FAI installe donc votre ligne internet sur du matériel appartenant à Bell (bien obligé).

Pourquoi ne pas aller directement chez Bell pour Internet (nommé Sympatico), me direz-vous, autant faire une pierre deux coups. Oui, c'est ce qu'ont fait la majorité des montréalais. L'argument principal de Bell est qu'il travaille lui-même sur son propre matériel...donc compétence et rapidité.
La réalité est moins belle pour Bell. D'une part, les tarifs de l'opérateur historique sont assez prohibitifs, regorgent de conditions cachées et de souscriptions pas nettes. D'autre part, la qualité des lignes et des centraux d'une grande partie du réseau téléphonique montréalais est tout à fait médiocre car ancienne, ce qui garantie des connexions par téléphone de très mauvaise qualité, lentes ou parfois indisponibles.

Il est bon de rappeler ici que les FAI qui passent par téléphone, puisqu'utilisant le réseau Bell, souffrent des mêmes problèmes que ces derniers à propos de la qualité de connexion.

En plus de la médiocrité d'une bonne partie montréalaise de son réseau, Bell souffre également d'une très mauvaise réputation sur le service à la clientèle. La mauvaise qualité du service client, les conditions tarifaires parfois obscures et les prix élevés sont les trois raisons qui ont poussés d'autres FAI à se lancer sur la concurrence dans l'Internet téléphonique. La possibilité de la ligne sèche a grandement facilité l'essor de ces petits FAI indépendants.

Que proposent ces autres FAI par téléphone ?

Il faut bien comprendre d'abord les limites de Bell dans ses offres.

Premier facteur : l'internet illimité en temps est chose courante ici au Québec. En revanche, l'internet illimité en données est bien plus rare. Cela est notamment dû au fait que les FAI ne peuvent pas investir dans du matériel permettant à tout le monde de transférer des quantités illimitées de données. Le nombre d'abonnés étant très inférieur à celui en France, ce genre d'investissement n'est pas rentable, d'où la présence de "plafonds de transfert de données" (upload/download caps).

Par exemple, Bell autorise dans une de ses offres une limite de 20 Gigaoctets cumulant trafic montant et descendant par mois (Download + Upload). Bien évidemment, une fois le plafond dépassé, le prix de l'octet supplémentaire est tout simplement horrible (environ 8$ par Gigaoctet).

Second facteur : La vitesse de la connexion. En France, les connexions ADSL sont largement déployées partout sur le territoire, pratiquement tous les foyers du pays peuvent avoir un internet par téléphone illimité en temps et en données, à haut débit (c'est à dire que l'on peut télécharger théoriquement à au moins 512 Kbps, soit 64 kilooctets par seconde). De même, depuis l'apparition du dégroupage massif et des modems-routeurs de type "box" (Freebox, LiveBox & co.), on peut accéder à du très haut débit, cette fois dépassant les 20 Mbps (soit 2,5 Mégaoctets par seconde), toujours par ligne téléphonique sur ADSL.

L'avènement du très haut débit en France a permis l'arrivée d'offres dites de "triple-play", où le téléphone, la TV et internet passent tous par ADSL et sont compris dans un même abonnement pour une somme très modique (environ 30 à 35 euros par mois). Au Québec, Bell ne propose pratiquement aucun accès ADSL au dessus de 5 Mbps. Les offres proposant des vitesses supérieures sont hors de prix, et de toute façon, les "plafonds" de données mettent un frein aux riches qui voudraient utiliser leur rapide connexion à fond.

Les offres par modem RTC (56 Kpbs), maintenant réservées en France a des logements très isolés et donc peu chères, sont encore monnaie courante au Québec et ne sont pas du tout données (en comparaison avec la technologie utilisée) : environ 18$ par mois pour une connexion illimitée en temps uniquement.

Considérant ces tares énormes dans l'offre proposée par Bell, les petits FAI concurrents ont décidé d'agir, parfois avec succès mais jamais en atteignant le niveau de l'offre française (loin de là). Ils agissent d'une part sur les prix, bien inférieurs -au premier abord- à ceux de Bell, sur les "plafonds de transferts de données" (on peut voir des plafonds élevés de 200 Go par mois, voire plus rarement des connexions illimitées en données), ainsi que sur les vitesses de connexion, en proposant des offres plus rapides annonçant des débits dépassant les 20 Mbps. Enfin, le réel effort que l'on peut voir est dans certains de ces petits FAI mettant un point d'honneur à être irréprochables avec leur client. Les conditions tarifaires sont alors beaucoup plus simples et claires et le service client est de très bonne qualité.
Certains vont même jusqu'à ne pas faire signer de contrat, de façon a pouvoir résilier gratuitement à n'importe quel moment si le service n'est pas à la hauteur.

Les offres de certains petits FAI par téléphone sont donc alléchantes en comparaison avec Bell. Leur avantage indéniable réside dans le service client, la clarté des conditions tarifaires et le non-engagement dans la durée. Également, les plafonds de transfert de données sont plus élevés, voire inexistants.
En revanche, il faut avoir des réserves sur les prix qui deviennent vite équivalents avec ceux de Bell lorsqu'on rajoute la fameuse "majoration" due à l'utilisation d'une ligne sèche, ainsi qu'avec des frais d'installation et de mise en service. L'économie sur une année n'est pas toujours significative.
Également, méfiance au niveau des vitesses de transfert annoncées. Elles sont théoriques et dépendent du réseau Bell. Cela dépend donc de la situation de votre logement et a rapport avec la qualité des lignes de votre quartier.

À titre d'exemple, le FAI (de très bonne réputation) TechSavvy annonçait que ma ligne était éligible pour de l'ADSL à 5 Mpbs que j'ai alors souscrite. Un technicien du FAI m'a rapidement contacté pour m'annoncer que compte-tenu de la qualité du réseau Bell de ma rue, le maximum que je pouvait espérer tirer d'une ligne ADSL était de 512 Kbps. Je me suis donc rétracté logiquement. Nombreux sont encore les endroits à Montréal où le réseau téléphonique est loin d'être capable de garantir les performances offertes par les FAI.

L'internet par câble

Le câble coaxial est une technologie qui fut d'abord utilisée pour la TV. Cependant, que ce soit en France (dès 1998/1999) ou ici au Québec, le câble a été la première technologie permettant des connexions internet à haut débit et illimitées en temps. Le principal désavantage était que (même en France), ces connexion disposaient souvent d'un plafond de transfert de données, et que peu de gens pouvaient s'en équiper, compte-tenu du faible déploiement du réseau câblé en France, en comparaison au réseau téléphonique.

Ceci explique pourquoi l'ADSL a rapidement supplanté cette technologie en France. Montréal étant une très grande ville, de nombreux secteurs de la ville sont équipées en câble coaxial, dont le réseau est souvent en meilleur état que le réseau téléphonique.

Là encore, nous assistons à une situation de monopole, puisque le réseau câblé est exploité en quasi-totalité par la société Vidéotron. Vidéotron est réputée pour offrir un service internet théoriquement rapide (forfaits pouvant aller de 512 Kbps à 60 Mbps), relativement fiable en comparaison avec le réseau téléphone. Cependant, ce monopole et ces vitesses ont un coût.

Vidéotron est en effet réputée pour ses prix élevés en comparaison avec les débits annoncés. On ne s'affranchit pas non-plus des sempiternels "plafonds de transferts de données" qui sont présents dans toutes leurs offres.
Il est cependant possible d'acheter des "packs" supplémentaires de 30 Gigaoctets permettant d'augmenter la hauteur du plafond.

Vidéotron est aussi connue pour tenter de fidéliser la clientèle. Ainsi, pour faire des économies, il faudra s'engager dans la durée (1 an généralement), et il semblerait que quitter Vidéotron ne soit pas une mince affaire, même après la fin de la période d'engagement. Toujours est-il que contrairement en France où il faut parfois attendre plusieurs semaines après avoir souscrit un abonnement Internet pour voir enfin arriver le matériel de connexion à domicile et sa connexion effective, à Montréal on n'attend pas autant : entre la souscription initiale et un internet fonctionnel chez soi, il n'est pas rare qu'il se passe moins de 48 heures.

La société Vidéotron envoie en effet rapidement un technicien à domicile (vécu), lequel arrive avec le matériel nécessaire, et ne repart qu'une fois la connexion fonctionnelle. Cette démarche est surtout vraie avec les connexions par câble, la plupart des FAI par téléphone se contentant d'envoyer du matériel par voie postale.

Mais si Vidéotron est de très loin le premier FAI par câble à Montréal, d'autres petits FAI indépendants (peu nombreux cependant) proposent aussi des forfaits par câble. Mais là où les petits indépendants par téléphones pouvaient rendre l'offre de Bell inintéressante, les offres pour les connexions par câbles peinent à réellement concurrencer Vidéotron. Au delà du fait que ces FAI indépendants soient généralement moins chers, et offrent parfois un meilleur service à la clientèle que Vidéotron, ils sont désavantagés par le plafond de transfert de données qui est encore plus bas que ceux du gros FAI.

D'autre part, cela reste Vidéotron qui propose les connexions par câble les plus rapides théoriquement, et de loin. Aussi, le gros FAI semble quand même sérieux, l'entreprise fait preuve de bonnes vitesses de connexion même en pratique, et ne blesse pas trop par son service clients (non testé par mes soins cependant).

D'une manière générale, si vous choisissez d'opter pour une connexion par câble à Montréal, Vidéotron reste la meilleure solution dans le domaine. Si Vidéotron sort du lot pour les connexions par câble, le monde des connexions téléphoniques (par ADSL principalement) est beaucoup plus complexe, et bien moins fiable.

L'ADSL reste à Montréal la meilleure solution en théorie, puisque les prix, par rapport au plafond de données et aux débits annoncés sont plus bas. Cependant tout dépend de l'endroit où l'on habite, car la qualité des lignes Bell peut faire énormément défaut, et gâcher tout. On préfèrera dans ce cas se tourner vers des solutions par câble, plus chères, mais plus fiables d'une manière générale, et qui permettront d'avoir une connexion de qualité si jamais les lignes téléphoniques ne permettent pas de déployer un ADSL rapide sur sa rue.

Quelques recommandations de FAI sur Montréal


Lors de mon étude des différents FAI susceptible de m'intéresser pour mon domicile (je ne parle pas ici de connexions pour les entreprises, mais beaucoup de ces FAI proposent également des solutions en la matière), une poignée est sortie du lot. Pour trouver leur site, Google it !

Par téléphone :
  • TechSavvy (probablement le meilleur FAI par ADSL sur Montréal).
  • Electronic Box
  • Radioactif
  • Bell (si vous voulez cumuler plusieurs services, avec le téléphone et la TV)
Par câble :
  • Vidéotron (meilleur FAI par câble sur Montréal, permet également de cumuler l'internet avec des offres téléphoniques et TV)
  • Electronic Box (moins bon que Vidéotron sur les offres, mais pas d'engagement et moins cher).
Je m'arrêterai là ! J'espère en tout cas que ces lignes pourront servir à certains, ou bien qu'elle satisferont à la curiosité des plus informaticiens d'entre vous. Bisous affectueux aux lecteurs qui seront allés jusqu'ici !

En post-scriptum, je vous donnerai simplement l'adresse d'un excellent site internet anglophone dont je me suis servi pour m'aider à comparer les FAI montréalais, grâce à des rapports et des retours d'expérience sur la qualité de service : DSL Reports.

mardi 24 mars 2009

Strangers



Bonjour à tous.
Aujourd'hui c'est la Crise. Oui, la Crise. Alors il faut arrêter de déconner. Je vais tenter d'être sérieux car par les temps qui courent, un peu d'abnégation et de mauvais esprit ne me feront pas de mal. Voilà donc un petit essai de sociologie de comptoir.

Le Canada est le deuxième plus grand pays du monde après la Russie. À la différence des États-Unis, il n'est pas divisé en états, mais en provinces et en territoires rassemblés sous un état fédéral parlementaire, lui-même devant allégeance à la couronne britannique.
On compte trois territoires peu habités pour cause de climat polaire (le Yukon, le Nunavut et les Territoires du Nord-Ouest) ainsi que dix provinces (la Colombie-Britannique, l'Alberta, le Manitoba, le Saskatchewan, l'Île du Prince-Édouard, Terre-Neuve et Labrador, le Nouveau-Brunswick, la Nouvelle-Écosse, l'Ontario et le Québec).

La frontière qui sépare l'Ontario du Québec va bien au-delà de la simple délimitation administrative. La rupture entre la culture imprégnée de "Vieille Europe" propre à la province francophone et celle typiquement "américaine" de l'autre, prend ici tout son sens.
L'unité nationale canadienne, déjà mise à mal depuis des décennies par des revendications séparatistes québécoises, ainsi que par des requêtes de souveraineté de la part des "Premiers Habitants" amérindiens oubliés, est également mise en défaut ici.

Pour les euskaldunak qui connaissent bien l'animosité rampante entre Basques et Landais, la situation pourrait bien sembler analogue entre Ontariens et Québécois. Cependant, la résumer à cela serait réducteur.
L'ambiance -diffuse mais présente- qui règne entre ces deux provinces va bien plus loin que les petites guerres de clochers, les petites vannes au rugby, les inepties du genre "les fêtes de Dax sont meilleures que les Fêtes de Bayonne" (et toc ! ndlr) et autres "chambrages" de mauvaise foi bien de chez nous.
Dans le cas présent, il s'agit véritablement de la confrontation de deux modèles sociaux, économiques et culturels. Inévitablement la différence de langue, et l'éternel affrontement anglais/français creuse davantage encore ce fossé.

Les Ontariens sont tournés vers l'État fédéral, ainsi qu'énormément vers les États-Unis. Ottawa, capitale fédérale, est une ville de taille modeste un peu à part, puisqu'ayant essentiellement un rôle politique, elle est "à cheval" entre les deux cultures car beaucoup de québecois y vivent. D'autre part la langue française doit être parlée par tout haut-fonctionnaire canadien y siégeant, quelle que soit son origine. Ce bilinguisme -vous vous en doutez- génère au Parlement une cacophonie des plus risibles qui n'est pas sans rappeler les sessions musclées de notre chère Assemblée Nationale.


Toronto, la plus grande ville du pays, est organisée et construite sur le modèle des grandes métropoles américaines, avec une attirance extrêmement forte et assumée pour ses fameux voisins du pays d'Obarack. L'organisation à l'américaine est prédominante, notamment dans la manière de travailler, très stricte et bureaucratique, ainsi que dans le mode de vie quotidien (l'american way of life). Pour le péquin français moyen et lambda que je suis, on se croirait aux État-Unis si l'on ne savait pas être au Canada.

"Rrrrrrrrrrrien à voir !" me répondent poliment ces fiers Canadiens à l'accent d'Itxassou. Il est vrai que l'Ontario a ses particularités et ses distinctions vis à vis du Texas. Soit. Mais si l'on s'intéresse au Michigan ou à l'Illinois, la différence entre les deux pays est beaucoup moins flagrante.

Le Québec en revanche, est emprunt d'une particularité culturelle unique en Amérique du Nord. Et il en est conscient. Et il en est fier. Le modèle social ou économique américain n'a-t-il pas fait preuve de multiples faiblesses par le passé ? Pourquoi le peuple québecois devrait-il être contraint à l'assimilation et s'aligner sur le reste du pays et de l'Amérique du Nord ?
Bien sûr, personne ne peut nier l'influence importante exercée par les USA et le Canada fédéral sur la Belle Province. Montréal, capitale économique, est une ville cosmopolite, désireuse de s'aligner un peu plus sur ses voisins afin de conserver sa compétitivité, sa richesse et son essor économique. Ainsi, et également de par sa proximité avec les États-Unis, un pourcentage non-négligeable (12,5%) de sa population est de culture anglophone (elle parle peu ou pas du tout le français), et beaucoup d'entreprises sont logiquement amenées à travailler dans cette langue (que voulez-vous, business is business). Bien que la population québecoise de culture française y soit en large majorité (52,4%), Montréal est de loin la ville la plus "american" du Québec.

À vrai dire, si la culture américaine a pu déteindre sur le Sud du Québec, elle s'efface rapidement en montant vers le Nord, jusqu'à devenir très marginale et reniée. La Ville de Québec, capitale politique, a toujours été le symbole absolu du "vrai Québec francophone" ; celui des jubilants "ostie de câlisse de tarbarnac !" glissés entre deux gorgées de bière Unibroue ; celui des amateurs de poutine et fanatiques de hockey ; celui de ceux qui sont fiers de leur culture et de leur héritage français ; celui de ceux qui, dès le départ, n'aiment pas les "ostie d'Ontariens". Difficile alors de trouver des anglophones. Et si vous continuez vers le Nord, ça ne s'arrangera pas !

Mais le Québec a réellement quelque chose que n'a pas l'Ontario. C'est probablement cet aspect "véritable, rustique et généreux" des campagnes européennes que les État-Unis ont chassé dès leur indépendance pour marquer la rupture avec l'Angleterre. On sent les gens plus proches de soi, plus ouverts, moins gênés...bref, plus "vrais". Cela n'en fait pas des imbéciles, loin s'en faut, la réussite des entreprises montréalaises est là pour le prouver.

Les Ontariens eux, regardent leurs voisins de la même manière qu'un aristocrate anglais posait ses yeux sur un français il y a quelques siècles.
- "Vulgarité et mauvais goût. Typiquement français", aurait-il annoncé.
-"Coincé du cul condescendent. Typiquement anglais", rétorquerait l'autre.

Les uns reprochent aux autres leur vision non-conformiste préférée à la culture sociale canado-étatsunienne , leurs velléités indépendantistes, leur défiance constante à l'égard de l'État fédéral, et en critiquent les us et coutumes.
Les autres reprochent aux uns leur manque d'identité conduisant à un comportement typé "mouton" avec la puissance américaine, la vacuité de leur culture propre, leur arrogance, et en critiquent les us et coutumes.

Dans tout ça, d'autres bien évidemment, s'en tapent goulument le coquillard. Ils sont quand même nombreux. Et c'est bien heureux qu'il y ait des gens qui soient comme ça. Ça évite des guerres. Et des cheveux blancs et des arrêts cardiaques aussi. Ça n'évite pas les accidents de la route, par contre, mais bon. Ça n'a pas empêché la Crise non plus.

C'est vrai, on déconne, tout ça, mais c'est la Crise. Je ne devrais même pas être ici, après tout je ne crée aucune richesse, honte à moi. Je devrais me lever tôt, et travailler plus pour peut-être espérer gagner autant ! J'y cours. À la prochaine.

lundi 26 janvier 2009

East Side, Represent

Décidément, il semble que je laisse passer beaucoup trop de temps entre chaque billet posté sur ce Blog. À tel point que les visiteurs ne visitent plus, ou -pire- me réprimandent. Comment pourrais-je leur en vouloir ? Venir ici tous les matins à 07h15 avant de partir au boulot pour ne rien trouver de nouveau ? Évidemment que cela lasse.

Je m'excuse une nouvelle fois pour les délais de parution qui ne sont pas dûs à l'absence d'évènements à relater mais bien à la flegme qui s'est emparée de moi et de ma verve créatrice (ouais, enfin n'en faisons pas trop non plus je ne suis pas Victor Hugo).

Je vais donc essayer de vous raconter certains aspects que je n'avais pas encore décrit ici, et aujourd'hui nous allons commencer par du gros, du gras, du lourd. Alors, comme vous êtes demandeurs, voici un titre qui n'est pas à piquer des hannetons :

North-Hatley, le "village-où-les-américains-fortunés-viennent-faire-chier-les-locaux l'été".

Mes visites dans les Cantons de l'Est (ou Estrie, ou Eastern Townships pour les puristes) se sont multipliées depuis ma rencontre avec Aspen. De fait, j'ai plusieurs fois été amené à me rendre dans sa région d'origine, à deux heures de route vers l'est de Montréal. Les villes les plus importantes du coin sont Sherbrooke et Magog. Mais c'est à North-Hatley, dans la campagne, au bord du magnifique lac Massawippi, que sa famille vit.
North-Hatley, voyez-vous, c'est un peu le Saint-Tropez québécois : on y parle plus anglais que français, c'est l'un des plus beaux endroits au Québec, les prix actuels immobiliers le réserve véritablement à une élite de la société nord-américaine ("l'Amérique d'en-haut", disaient les Bush), il est désert l'hiver, et bondé de touristes qu'on aime pas l'été. On remarquera cependant que Harrison Ford n'aurait pas acheté de maison à Saint-Tropez s'il y faisait -40°C en janvier.

Mais que voulez vous, la beauté des grands espaces canadiens valent plus pour certains que des bicoques entassées sur des plages privées où des paparazzi camouflés en anémone de mer guettent inlassablement le bout de sein.


Même le Premier Ministre du Québec a succombé au charme. L'illustre, vénérable et bien-aimé Sa Sainteté Jean Charest y possède une de ses maisons de vacances. Il s'y balade complètement à poil, dit-on.

North-Hatley donc, est une charmante petite bourgade possédant le strict minimum nécessaire à la survie lors des longs mois d'hiver. Un restaurant tenu par un chef belge (descendant probable d'un trappeur égaré en quête d'or), un fameux pub dénommé Pilsen, un dépanneur-épicier-glacier-tabac-presse-PMU, une station service qui loue aussi des films, une coiffeuse dont le salon est dans la cave de son domicile, une plage municipale (payante) surveillée par des maîtres-nageurs bronzés et bedonnants qui s'ennuient (en même temps, c'est un lac qu'on surveille), un magasin de souvenirs et quelques autres joyeusetés commerciales nécessaires à l'aguichement des touristes estivaux. Tous sont présents dans ce qui demeure le "centre-ville" (qui n'a de centre que le nom compte-tenu de sa taille).



À une dizaine de minutes en voiture du "centre", Montjoye (que vous prononcerez "monjoie"). Il s'agit d'une toute petite station de ski comprenant deux tire-fesses, un télésiège, trois pistes et un snowpark. Elle est initialement tenue par les motards du coin, les Hell's Angels qui, fidèles à leur vêtements d'il y a 30 ans, sont tellements laids qu'on les confond avec leur moto. Malgré sa petite taille, Montjoye est une station familiale très sympatique qui permet de faire du ski de soirée jusqu'à 22 heures, grâce à un éclairage approprié. Très bienvenue donc lorsque l'on veut aller skier une ou deux heures après le travail.

La famille d'Aspen vit sur le bord du lac, à quelques kilomètres du "centre". Les propriétés situées sur le lac possèdent donc leur plage privée, et il est possible de s'y baigner l'été, ou de marcher dessus l'hiver (!). En saison chaude, la température du lac est tout à fait honorable : une grosse vingtaine de degrés celcius ne sauraient décourager les surfeurs basques. De plus, on peut-y faire du ski nautique ou du kayak, la taille du lac étant conséquente (18 km carrés).

Vous l'aurez compris, le lac possède également la capacité thermodynamique de geler. En janvier, il n'y a plus beaucoup de surfeurs basques qui font les malins, mais alors que la glace atteint 20 ou 30 cm d'épaisseur, elle peut supporter le poids d'un humain normal et il est alors possible de marcher dessus, avec ou sans matériel (raquettes, skis de fond). Une fois rendu assez loin du bord, on peut apprécier une superbe vue, et un silence apaisant. Silence seulement rompu par le craquement sourd de la glace qui travaille (guère rassurant) et les cris joyeux de quelque pêcheur sur glace qui, une fois son trou creusé, n'aura pas oublié d'amener son pack de 24 bières pour l'après-midi "histoire de patienter en attendant que ça morde". Remarquez c'est plus convivial que des mots-croisés. D'aucuns cependant attestent que la pêche n'est qu'un prétexte aux budweisers, en soutenant que contraîrement à ce qu'affirment les pêcheurs, il y a bien du poisson dans le lac Massawippi.


Mais ne vous méprenez pas, chers lecteurs. Le ton "moqueur" de ce billet n'est qu'imaginaire. Car North-Hatley est bel un bien un des plus beaux (sinon le plus beau) endroits que j'ai pu voir par ici. D'autre part, tous mes modestes messages ne pourraient que partiellement décrire l'ensemble des activités possibles de ce lieu. Je vous invite à passer, lorsque vous aurez l'occasion, dans ce coin, qui pourrait ressembler à la classique carte postale du Canada, en été comme en hiver.


lundi 25 août 2008

Close Encounter Of The Third Kind

Non, ce blog n'est pas terminé. Il y a encore maintes et maintes choses à y écrire.
Comme vous avez pu l'apprendre par ailleurs, des évènements de la plus haute importance sont arrivés dans ma vie depuis quelques mois. De l'eau a coulé sous les ponts, et des bouloches récalcitrantes sont apparues sur mes t-shirts.

Nous sommes à la fin du mois d'août, et je viens de fêter mon 1 an de vie au Québec (puisque étant arrivé le 19/08/2007). Certains d'entre vous seront surpris, car je devais revenir en France au maximum à la fin du mois de Mai 2008. Ce n'est pas le cas, et prévoyez encore plusieurs mois avant mon retour au pays.

Remontons s'il vous plaît quelques mois en arrière. Nous sommes en plein cœur d'un hiver montréalais parmi les plus rudes de ces cinquante dernières années. La neige est abondante, le froid est...froid. Cependant, en cette fin du mois de Janvier 2008, approche une date fatidique (oui, enfin, n'exagérons rien) : mon anniversaire. Comme le veut la tradition dans la tanière des orignaux Cyril, Derek et Olivier, il faut fêter cela dignement ! Une quarantaine d'invités, la baignoire remplie de neige afin d'y entreposer les nombreuses bouteilles de bière (décidement boisson nationale ici-bas), d'autres alcools plus sérieux (pastis en tête).

Compte-tenu que nos voisins du dessous (des gens délicieux, mais un peu "rustiques" et sujets à des remontées de LSD de manière impromptue) ont eut la riche idée d'avoir des enfants en bas-âge, impossible pour nous de faire durer la soirée trop tard. Warm-up, apéro, pré-chouille, before, appelez cela comme vous voulez, toujours est-il que nous devions être partis de l'appartement à minuit, direction une boîte de nuit quelconque. Le non respect de cet horaire aurait pu entraîner des négociation musclées avec ces messieurs de la maréchaussée montréalaise.

Qu'importe, la soirée battait son plein, il y avait là plein de gens que je ne connaissais pas (des connaissances de Cyril, l'autre orignal Derek n'étant pas une personne franchement sociale), dont une fille, qui malgré mon état franchement alcoolisé ("Deux grammes dans chaque bras ! " diront certains), m'a plu au premier regard.
Alors, inutile de vous faire le topo : le gars bourré qui drague, c'est toujours le truc le moins sexy au monde. Eh oui, outre l'haleine de vautour alcoolique, le sourire d'abruti en chaleur, et les yeux de veau vitreux et sans aucune expression, les termes choisis pour faire la cour à la demoiselle sont rarement adéquats : l'inévitable "Tu baises ?" finira de convaincre la demoiselle convoitée. (Mais dans quel sens ? ndlr)

Rassurez-vous chers lecteurs, car votre serviteur, même sous la pression alcoolique, le jour de son anniversaire, sait garder les valeurs morales que lui ont conféré ses ancêtres, et qui se transmettent de père en fils depuis des lustres. Il sait faire fi des pratiques réprouvées par la société demandeuse de respect envers la gente féminine.

En tout bien, tout honneur, j'ai donc décidé, malgré le fait que cette jolie demoiselle - dont le prénom est sûrement connu beaucoup d'entre vous - me plaisait vraiment, de rester calme, étant complètement conscient de mon état de délabrement avancé (dites donc, mauvaises langues ! Si vous aviez fêté vos 23 ans à 9000 Km de chez vous, qu'auriez vous fait ? Hum ? Je vous le demande ?)



C'est à ce moment là que nous devions partir dans la fameuse "boîte quelconque".
Minuit à l'horloge, "On va tous au Diable Vert" (nous étions comme qui dirait des habitués de ce club dansant). Sur vingt-cinq personnes quittant l'appartement, environ six arrivèrent à la boîte de nuit, ayant réussi à passer l'épreuve du "kilomètre marche" et des "trois kilomètres métro" (sans se planter de station). C'est vous dire à quel point le monde était frais !

Toujours est-il que nous étions quelques valeureux gaillards encore debout dans une heure "pas pour les mamies", suintant bon la vodka, le mezcal et l'homme viril.

Mais pas de Aspen.

Impossibl
e de La trouver, elle n'était pas parvenue jusqu'au Diable Vert...elle avait, comme tant d'autres, échoué à se rendre jusqu'au Diable Vert (et loin de moi l'idée de faire de la pub pour cette boîte de merde). Après l'avoir donc vainement cherché au travers de toute la boîte, je me résignai enfin à profiter du fin de ma soirée...mais le cœur n'y était plus. Ah ! quand l'amour frappe à votre porte, c'est toujours sans prévenir...et lorsque c'est le cas, évitez de l'envoyer paître.

C'est pour cette raison que rentrant chez moi, j'ai envoyé un e-mail à Aspen. Lui déclarant des choses que j'aurais peine à répéter ici, et presque sobre, j'allais enfin me coucher vers les 4h00, la conscience lourde mais posée, tel le guerrier songeant au devoir accompli avec peine (ouais, enfin j'exagère bien comme il faut quand même).

Croyez-le ou pas. Le lendemain, lorsqu'elle reçu le mail, me pensant bourré, elle ne me crut pas.
J'ai du donc insister pour obtenir un rencard...

J'ai usé de tout mes atouts verbaux pour la convaincre. Elle accepta. Quelques jours plus tard, le jour du rencard, elle devint ma copine.

Sept mois plus tard, elle l'est toujours.

Voilà donc l'affaire de ma rencontre avec Aspen.

Depuis, énormément de choses ce sont passés. Vu que personne n'est là pour vivre ce que je vis, je vais vous résumer cela en une seule phrase : Aspen est la seule raison pour laquelle je me suis battu pendant cinq mois pour obtenir un stage de fin d'études et un visas de travail ici. Et ceux qui m'ont connu pendant ces mois d'attente ont su à quel point ce fut difficile moralement. Ne pas savoir de quoi sa vie sera faite dans une semaine...

Mais je ne me plains pas, car j'ai eu ce que je voulais. Et me considérant heureux aujourd'hui, il est temps de vous raconter la suite de mes aventures ici, au Québec.
C'est pourquoi de nouvelles aventures vous seront comptées en ce lieu-même. Restez donc dans les parages chez lecteurs.


lundi 10 mars 2008

No Fear For Young Men

Cet Hiver 2007/2008 fut l'année record des chutes de neige au Québec. Même de mémoire de Sherbrookois de pure souche, on avait pas vu cela depuis cinquante ans.

D'ailleurs ce week-end du 8 Mars, nous avons subit la plus grosse tempête de neige de cette saison (pour le moment), avec environ 50 cm tombé en quelques heures sur Montréal. Ce surplus de neige exceptionnel complique la vie des montréalais, qui sont (comme je vous l'ai écrit dans un précédent billet) certes aguerris à ce genre de désagréments, mais qui sont tout de même humains, et commencent à être un peu fatigués (et je reste poli) de devoir escalader des congères de deux mètre sur les trottoirs, ou de pelleter pendant une demie-heure devant chez eux.
Alors non seulement ça leur complique la vie, mais ça leur coûte aussi de l'argent, car le budget de déblaiement des rues par la municipalité montréalaise a explosé cette année. Et comme dirait l'autre "C'est encore le contribuable qui finit par payer !".

Mais toute cette neige permet aussi d'avoir un hiver relativement chaud, puisque les -40°C attendus n'ont pas pointé cette année encore. Cela permet aussi aux nombreuses stations de sports d'hiver présentes au Québec de réaliser une saison exceptionnelle. Forcément, cela donne envie d'aller faire tracer quelques courbes dans la poudreuse.

C'est donc dans cette optique que Popo, Fili et moi avions réservé un vendredi pour aller faire un peu de snowboard. Grâce à un organisme trouvé sur Internet, nous payions 60$ pour le transport aller-retour et le forfait journée. À cela rajoutez une trentaine de dollars pour la location du matériel ainsi qu'un peu pour la pitance du midi (personnellement j'avais fait consciencieusement des énormes mais néanmoins classiques jambon-beurres avant de partir).
Avec tout cela, prenez le car vers 5h30 (oui, c'est tôt) et à 9h, vous vous retrouvez au Massif.

Cette station de ski, située à Petite-Rivière-Saint-François sur les bords du Saint Laurent à environ 70 Km au Nord de la ville de Québec est l'une des stations les plus reconnues de la Belle Province. Tout d'abord parce qu'elle possède certainement un des plus beaux cadres pour faire du ski dans le coin. Voyez plutôt à quel point le paysage est grandiose, et imaginez le plaisir que l'on peut prendre à découper la montagne devant ça :




Ensuite, il s'agit également de la station de ski qui possède le plus gros dénivelé de piste au Québec : 770 mètres. En outre, le sommet de la montagne étant environ à 800 mètres au dessus du niveau de la mer (oui c'est cent mètre de moins que La Rhune, pour les euskaldunak qui liraient ceci).

Oui ce n'est pas bien haut. Mais la neige est au rendez-vous, puisqu'il y ait tombé 440 cm rien qu'au mois de Décembre. Mais même si le nombre de pistes et de remontré mécaniques est limité il y a de quoi s'amuser franchement pour une journée (une semaine serait trop). En effet, 5 remontées mécaniques (dont 3 télésièges, et 2 "Arbalètes" ou "T-bars", c'est à dire la version nord-américaine de nos chers tire-fesses, qui diffère par le fait qu'on les prend deux par deux) et 43 pistes en font quand même une station importante au Québec.

Le temps prévu est beau, mais la température attendue nous promet déjà des moments épiques sur les télésièges : -30°C. Eeeh oui, à presque 300 Km au Nord de Montréal, le climat commence à devenir vraiment rude.

On arrive vers 9h30, le temps de louer le matos et nous voilà sur les pistes. Les quelques couches que nous avons sur le dos se révèlent vite nécessaires car la brume matinale ne semble pas vouloir se dissiper et le froid persiste. Froid moins pire que prévu (un bon -20°C tout de même), mais qui est vraiment mordant quand on dévale une pente à pleine vitesse.

La neige est superbe, et le panorama est vraiment grandiose. Seuls le froid et le soleil assez absent sont gênants. Aussi le repas du midi est une véritable délivrance de par la petite heure passée au chaud, et l'ingurgitation de terribles "jambon-beurre" d'une taille improbable, qui redonnent au corps les nombreuses calories perdues en seulement 2h de ski.

Dur de se remotiver pour l'après-midi, mais l'envie ne tarde pas à revenir. Quelques descentes vraiment sympa. Des pistes noires douteuses. (Le terme piste noire au Québec veut dire techniquement "forêt avec un mètre cinquante entre chaque arbre"...sympa mais physique à la longue).

Enfin nous sommes rapidement venus à bout de cette sympatique journée de ski, car le soleil avait déjà commencé à décliner sérieusement vers 14h, et la station elle-même ferme ses pistes à 15h. A cette époque là, la nuit tombait vers 16h...

Autant vous dire que comme tous vrai amateurs de sensations pures aux sport d'hiver, nous avons vite perçu le car du retour comme un gigantesque lit roulant. Nous étions sacrément cannés d'une journée de ski pourtant pas exeptionnelement longue, mais les conditions de froid sont ravageurs sur les possibilités des organismes (bien que, certains yoggis peuvent utiliser cet effet de manière très positive, si vous me passez cette modeste parenthèse).

De manière générale, aller faire quelques courbes au moins une fois au Québec est une exellente idée. Une manière de skier dans des lieux étonnants, à des heures impromptues (certaines stations ouvrent leurs pistes jusqu'à 23h voire 3h du matin par fois).Des lieux auxquels nous ne sommes pas habitués, nous les familiarisés au ski de haute montagne.

dimanche 17 février 2008

Road To The Big Apple (part 2)

Bonjour et désolé pour cette énorme période sans mise à jour...


Attaquons-nous maintenant à la deuxième partie (plus courte) de ce trip new-yorkais avant que son souvenir ne devienne si flou dans mon esprit que je commence à vous raconter n'importe quoi. D'ailleurs c'est peut-être un peu le cas car tout ceci remonte maintenant à trois mois. Ce n'est pas franchement long de mémoire d'homme, mais l'écriture d'un tel article nécessite de se remémorer des moindres petits détails, comme l'odeur de pieds du mec qui dormait en dessous de moi lors de ma première nuit dans cette auberge de jeunesse sur Broadway.

Odeur de pieds qui me chatouillait ardemment les naseaux alors que j'étais encore dans mes rêves. J'avais pourtant de la chance à priori : dans ma chambre de huit cette nuit là, six filles et deux mecs (dont moi). Malheureusement celles-ci sentaient aussi des panards ! Voilà qui casse le mythe : le monde entier pue des pieds.

Douche. Habillage. Je descend dans le "hall" du Broadway Hotel&Hostel, attendre mes compagnions. Je suis à l'heure par rapport au rendez-vous fixé. J'attend plus de 3/4 d'heure mes amis, jusqu'à me demander sérieusement s'il ne sont pas déjà partis sans moi. J'étais donc près à partir tout seul de mon côté lorsqu'ils sont arrivés : ils s'étaient accordé un petit sursis sur leur réveil, les gougnafiers.

Bref, nous revoilà dans les rues de New-York. La météo n'ayant rien à voir avec le jour précédent : pluie, vent, froid ce jour-là, alors que nous transpirions comme des vaches la veille à 22 heures. Petit déjeuner dans la meilleure invention de l'ère moderne avec les Dunkin Donuts : un Starbucks Coffee. Raaaaaah le blueberry cake...

Un petit passage sur Broadway où les autres achètent des places pour la comédie musicale Mary Poppins (pour le coup je n'en ai pas pris), et nous allons tranquillement prendre le tour-bus pour faire quelques excursions à travers Manhattan, véritablement gigantesque. Nous avons été au musée de l'histoire de New York, retraçant tous les aspects historiques de la ville. Saviez-vous que New York s'appelait auparavant Nouvelle-Amsterdam, car elle avait été rachetée aux amérindiens du coin pour une bouchée de pain par les hollandais ?
Au delà de sa fondation, nous pouvions voir l'évolution des cultures de la ville, son rôle pendant la Guerre Civile, ainsi que l'histoire des équipes de baseball de la ville. Avec ses trois grandes équipes (les Yankees, les Mets et les Giants [partis à San Francisco]), New York est définitivement une ville qui vit au rythme de la saison de baseball, plus que tout autre sport. Et ce Même si le basket, le football US et le hockey prennent également de la place.

Passage rapide à Harlem. Ancien plus important coupe-gorge de l'Amérique moderne, ce quartier à dominante noire souffre beaucoup moins que de la criminalité qu' auparavant, bien qu'elle soit encore très importante. Ce qui est étonnant, c'est que la renommée de Harlem à travers le monde l'a propulsé dans la liste des principaux lieux touristiques de la Grosse Pomme.
Alors, du coup, de nombreux car peuvent silloner les avenues de Harlem, et le dimanche, des excursions par bus entiers dans les églises sont organisées afin de voir les messes de la communauté afro américaine (Gospel, etc...). Ces lieux saints sont donc pris d'assaut par les touristes, et le marché est juteux.

Alors, oui, les avenues d'Harlem, comme Malcolm X street sont toutes belles. Mais dès que l'on s'éloigne de quelques dizaines de mètres des grandes artères, on retrouve le vrai Harlem. Celui que l'on cache aux touristes. Le ghetto. Car New York est une ville où la misère est extrême, et ici dans Harlem elle côtoie l'opulence presque insolente des quartiers financiers vers Wall Street.
Le contraste est bien plus énorme qu'en France.

Le reste du séjour (avec une meilleure météo le troisième jour) s'est poursuivi par des circuits touristiques relativement classiques. Empire State Building, qui a repris son titre de plus grand building de New York, tour de bateau au large de South Manhattan pour passer devant Ellis Island (qui dans une époque lointaine a servi de lieu de "tri" des immigrants pour les autorités américaines) et bien sûr la majestueuse Statue de la Liberté.

Tout un symbole. La Statue s'avance devant la mer, son doigt levé (son bras levé, excusez-moi), comme pour dire "Vous êtes en Amérique, ici nous avons les vraies valeurs qui sont bonnes pour l'Homme". Cela dit elle est vraiment classe, cette statue. Mais elle fait vraiment petite comparé aux mastodontes de béton qu'on voit en ville. Surtout que son piédestal représente quelque chose comme la moitié de sa hauteur.

Le crépuscule de cette dernière journée à New York s'est donc déroulé pour moi en haut de l'Empire State Building (véritable machine à attrape-touristes), en train de lutter contre ma peur du vide (c'est qu'au 87ème étage on est déjà plus haut que la tour Eiffel). Nous avons eu une petite folie au moment de redescendre
-"Vas-y, on prend l'escalier pour descendre". Tout le monde était motivé pour cette prouesse, mais la descendre prend près d'une heure par les escaliers. Donc finalement, non.

J'ai ensuite passé le reste de la soirée tout seul à déambuler sur Broadway et dans Times Square, pendant que les autres étaient au spectacle de Mary Poppins. J'ai pris quelques photos à ce moment là, assisté à un accident de voiture entre un taxi jaune et un camion-poubelles, avec l'arrivée de la police montée à cheval en plein Times Square, à 22 heures (oui à New York on voit vraiment de ces trucs...).

Puis je me suis tranquillement dirigé vers la gare routière quelques rues plus loin pour prendre mon bus de retour vers Montréal aux alentours de minuit et demie. Bien sûr, nous ne sommes pas repassé par un duty-free pour que je puisse acheter du pastaga...mais je suis bien arrivé à Montréal.

New York, pour conclure, est une ville qu'il faut visiter. Plusieurs fois même je pense. Car nous avons là une des villes les plus riches au monde (au niveau des cultures et des contrastes j'entends). Cependant je n'y passerais pas ma vie. Trop de stress, trop de béton.
Mais, impossible de juger une telle chose en seulement trois jours. Il faudrait passer des mois, des années dans cet environnement pour devenir un vrai New Yorkais, imprégné des ambiances et des habitudes de cette ville unique, des vendeurs de hot-dog de Times Square jusqu'aux plus petits bar de jazz de Greenwich Village. Une ville étonnante.




lundi 17 décembre 2007

The Call Of The Shovel

Si le calendrier indique le début de l'hiver le 21 Décembre, tout semble indiquer pour nous (pauvres petits français) que celui de Montréal a déjà commencé.




Non seulement les températures sont très fraîches depuis quelques semaines déjà (actuellement on atteint les -20°C le soir), mais ce début de mois de Décembre a été placé sous le signe de la neige abondante. Une première tempête de neige a frappé au tout début du mois une grande partie des états du Nord des État-Unis, et le Canada, depuis l'Atlantique jusqu'au Pacifique.
Une bonne cinquantaine de centimètres en une seule nuit, Montréal avait revêtu son manteau blanc.

Et durablement car les températures extérieures québécoises ne contribuent en rien à la fonte. Il semble d'ailleurs que le moindre flocon pourrait tenir des mois.

Les montréalais ont bien entendu l'appel de la pelle, et ont bien été obligés d'œuvrer au déblaiement des voies d'accès. Alors que les chasse-neiges sillonnaient tant bien que mal un maximum de rues de la ville (dont la notre), d'autres n'ont pas attendu pour installer une rampe chasse-neige devant leur 4x4. Et bien que le trafic routier québécois ne s'arrête pas pour si peu (tout le monde est en pneu-neige), tout cela a bien évidemment provoqué des tas de poudreuse de plus de 2 mètres de haut sur les côtés des rues. La marche à pieds devient alors plus sportive que prévue.

Nous concernant, une quantité de neige étonnante est également tombée sur nos deux balcons, et une grosse demie-heure a été nécessaire pour tout déblayer, depuis le haut, jusqu'à l'accès au trottoir, en passant par l'escalier, dont les marches avaient 30cm d'épaisseur. Une neige qu'il faut tenter de déblayer à grosses pelletées avant que les basses conditions thermiques ne la transforment en béton armé.
Se retrouver avec 5 cm d'épaisseur de glace sur chaque marche, c'est comique jusqu'au jour où quelqu'un se fend le crâne sur l'angle du mur en briques, qui semble justement avoir été placé de cette façon exprès (il y a même un clou rouillé saillant orienté dans le sens inverse de la pente, non je déconne) ! D'ailleurs, le facteur ne prend même plus de tels risques, et tant pis pour le courrier ! Le Service Public canadien ne paye pas assez ses employés des Postes pour que ces derniers risquent leur vie dans des escaliers raides, gelés et hasardeux.

La deuxième tempête de neige nous est tombée "sur le coin de la gueule" ce week-end. Plus de 24 heures de chute non-stop. Rajoutant à la couche de la première (qu'on commençait à peine à gérer) une épaisseur de 50cm également. Là les gens ont commencé à perdre leur voiture qui pourtant était bien garée devant leur maison, mais qu'on ne voit plus.

Par ailleurs nous avons profité de notre soirée de Samedi dernier pour nous rendre avec des potes sur les quais du Saint Laurent, au Vieux-Port (qui n'est pas vieux) et faire du patin à glace sur le fleuve gelé. Ce qui ne m'a coûté que 4$ étant donné que j'avais déjà ma paire de patins de hockey.

Vers huit heures du soir, un feu d'artifice sons et lumières a été tiré, juste au dessus de la patinoire naturelle (dont la qualité de glace laissait à désirer, mais bon on ne peut pas avoir pareil qu'un patinoire artificielle !!). Feu d'artifice très beau (même si je ne suis pas fan), et expérience de patinage enrichissante au milieu de centaines de montréalais. Cependant, nous avions été un peu trop optimistes sur la températures extérieure, et la température en dessous de -20°C sur la patinoire a vite eu raison de nos ardeurs. ("Heu les gars...j'ai un orteil qui va tomber dans 4,3,2,1, hop !).

Je suis rarement resté autant de temps dans un tel froid. Les vêtements de ski sont presque inefficaces. Le vent glacial ressenti pendant le patinage avait engourdi les muscles de mon visage si bien qu'il devenait difficile de remuer les lèvres pour parler. De ce fait, une petite heure de patinage ont été pour ainsi dire largement suffisantes nous concernant, et il faudrait vraiment être givré pour rester toute une soirée dans ce blizzard.
Chose curieuse à signaler, un bar au milieu de la patinoire, accessible en patins.

Nous avons cependant préférer aller boire une bière bien fraîche dans un vrai bar au chaud. Non que nous avions très soif, c'était plus histoire de récupérer les sensations que nous n'avions plus aux extrémités !!


Au moment où j'écris ces quelques bribes sans prétention, la neige retombe à nouveau. L'or blanc tombe en abondance sur la Belle Province (près d'un mètre en deux jours à certains endroits montréalais), qui s'apprête à vivre un Noël tout blanc (chose qui n'est pas arrivée depuis plusieurs années).